Une partie cette page contient des documents textes et images en provenance d'une exposition créée par

Les Amis du Musée et du site de Tasciaca - Thésée - Pouillé - Monthou sur Cher (41).

Le complément: textes, photographies et dessins, a été créé par le webmaster de ce site, avec des crédits photo des Amis du Cher et des documents libres de droits.

POUR PASSER LE CHER

Entre deux rives, la rivière Le CHER, s'étale, parfois lascive, parfois tumultueuse. Les communications entre deux berges s'établissent difficilement. le commerce et les échanges sont tributaires des quelques passages possibles, des caprices de la rivière.

Les hommes prennent, depuis les temps les plus reculés, l'habitude d'observer le mouvement des eaux. Ils choisissent alors des couloirs naturels. Ils aménagent lors de l'étiage, des passages façonnés par la rivière. Ainsi naissent les gués, favorisant le passage des "gens de pieds". Cependant ce moyen n'était guère commode, car les voyageurs ne pouvaient pratiquement rien transporter.

LES PONTS ANTIQUES

Les premiers ponts étaient pour la plupart en bois et il reste peu de traces de leur existence, sinon dans les écrits de César ou des historiens de l'antiquité comme Stabon. Des vestiges de piles de ponts Gallo-Romains sont toutefois encore visibles lors des grands étiages de la Loire à Tours et il n'est pas rare que des ponts actuels soient construits sur ces anciennent piles faites de piquets d'acacia. Nous savons cependant que les Romains attachaient une grande importance à la solidité de leurs constructions et utilisaient grandes quantités de matériaux pour garantir la pérennité de leurs oeuvres; ils utilisaient des ciments d'une haute qualité pour réunir les gros blocs de pierre. Il reste encore, un peu partout en France, de nombreux ponts construits par les romains, ces infatigables bâtisseurs, qui correspondent aux axes commerciaux qu'ils avaient établis. Ils réalisèrent ainsi de nombreux ouvrages d'art dont certains vestiges nous sont restés sur l'antique voie romaine Tours-Bourges.

     Exemple d'arche de pont par empilage de bois, supposé du temps des gaulois (Image RBB)

      

Exemple de pont Romain visible encore en France           Exemple de pont en bois datant de 1918 au Canada

LE BAC - MOYEN DE PASSAGE ENTRE DEUX RIVES

En l'absence de pont, ou pour éviter de grands détours, le bac était encore un moyen de traverser le Cher. Il s'agissait le plus souvent d'une barque et on faisiat appel au passeur qui percevait un droit de passge. Pour faire tyraverser du bétail, voire même un attelage , on utilisait une embacation plus large et plus longue que l'on appelait charrière.

Il y avait des bacs tout le long de la rivière, par exemple à Veretz (37) avant que le pont ne soit construit, à Chandon sur la commune de Athée sur Cher (37) près du pont actuel. Celui-ci a d'ailleurs été utilisé pour passer des réfugiés lors de la dernière guerre mondiale. Il n'est guère possible de les citer tous ici mais un exemple sur carte postale parle plus que de longs discours.

LE BAC, UN RECOURS EN CAS DE CRUES

Au début du XXème siècle, etre les ouvrages d'art moyenâgeux de Saint-Aignan et Montrichard (41) de nombreux ponts ont été jetés sur le Cher. Mais les caprices de la rivière ont obligé certaines municipalités à remettre en usage le service de la charrière pendant les inondations. Ain si le 7 août 1910, les conseils municipaux de Montrichard et faverolles (41) prennent la décision d'organiser un service de batellerie pour ne pas interrompre les liaisons entre les deux rives. Le même service sera organisé à Selles-sur-Cher et dans d'autres vires riveraines de la rivière.

Ci-dessous, un exemple de reconstitution d'une charrière, par les bateliers de Savonnières (37)

         

Photos R. Bouyrie        

PETITE HISTOIRE DU BAC DE THESEE (41)

Pour passer la rivière Cher avant la révolution, chacun pouvait avec sa barque - ou celle d'un voisin - se rendre sur l'autre rive: de la Pichonnerie à l'église de Mareuil par exemple. Mais l'on pouvait aussi bien payer le passeur et utiliser le bac de Thésée.

Pendant les 4 ou 5 années de la révolution, les communes de la révolution les communes de Thésée, Pouillé et autres voisines furent privées de l'exercice de passage et l'on se trouva dans l'obligation de renoncer à toutes relations et de ne satisfaire qu'aux plus urgentes. SDeuls restaient les moyens de communication offerts par les ponts de Saint-Aignan et Montrichard.

En 1801, le Duc de <Beauvilliers, en vertu d'une loi du 15 mars 1790 suprimant les droits seugneuriaux fit vendre son bac.. ce fut le citoyen François Allion qui l'acheta.

Le bac resta ensuite sans fermier. en 1838, un nouveau paseur, Monsieur Louis Bertin, en assura le passage moyennant une redevance annuelle de 40 francs.

Bourré (41) - Sur cette carte postale on remarque ici la charrière qui pass un attelage.

Témoignages du bac au moulin de Ballan (37)

        

                                                                                                                                                           On voit bien ici le câble tendu qui sert de guide pour la traversée

IL SUFFIT DE PASSER LE PONT

Ponts en pierre et ponts métalliques structurent et animent toute la vallée du Cher. Ils ont été un élément fondamental de progrès et leur âge d'or correspond à une évolutiion économique ou routes et ponts deviennent indispensables à l'acheminement des principales productions : blé, vin, sel, pierres, bois de charpente ou de tonnellerie qui sont les bases de la nourriture et de l'économie.

Ces ouvrages d'art ouvraient autrefois les portes vers d'autres pays, d'autres itinéraires, ceux des guerres et des pèlerinages. Ils étaient l'unique lien entre les hommes....

Ces passerelles et écluses évoquent maintenant les activités artisanales et économiques d'une région aujourd'hui endormie : elles ne sont plus destinées aux seuls chemins des gabarres et des Berrichonnes rejoignant la Loire, et la route du sel. Elles sont animées par d'autres passages, d'autres acteurs qui préfigurent une nouvelle ère, celle du tourisme fluvial. les ponts ont dorénavant, une nouvelle vocation.

LES PONTS ANTERIEURS A 1750

LE PONT DE MONTRICHARD (Loir et Cher)

A la fin du XIIème siècle, le seigneur Hugues II de Montrichard, décida de jeter un pont sur le Cher à l'emplacement de l'ancien gué et en face du donjon afin que le passage et les abords fussent mieux surveillés.

Les ponts en maçonnerie remontent à l'Antiquité; leur forme est toujours en arc, celle qui correspond le mieux aux efforts de compression; cet arc peut être cintré, en anse de panier, en ellipse, ou en arc de cercle surbaissé. la grandeur des arches et leur nombre sont déterminés par le régime du cours d'eau. c'est ainsi que l'on trouve une arche dite "Marinière" au centre, et des arches secondaires de chaque côté; l'avant-bec des piles du pont freinant le courant.

L'arche centrale étant plus large et plus élevée que les autres facilitait la navigation et laissait aux crues, vers le milieu de la rivière, un débouché plus libre.

On utilisa l'ancien bras du Cher pour défendre les approches du pont. Cette même rive a été entaillée par un nouveau canal (le vieux Cher), sur lequel la deuxième arche ne sera pas construiteen pierres mais franchie par une travée en charpente facile à démonter en cas d'attaques.

En aval, un chatelet (petit château fort) défend l'entrée de la ville en temps de guerre, et, en temps de paix, sert à loger les gardiens qui perçoivent un droit de péage en dessus et en dessous, la somme récoltée servant à l'entretien du pont.

Les deux arches les plus rapprochées de la ville, se prolongent en aval et supportent une construction très fortifiée; elle contient les grands moulins qui alimentent les habitants, la garnison et complète les défenses de la porte ouverte sur un haut corps ebntre deux tours rapprochées. Les architectes du pont lui donnèrent 11 arches construites l'une après l'autre. Ils prévoyaient alors que les arches pussent être coupées en temps de guerre: il ne fallait pas que la destruction d'une traverse fit fléchir les autres.

  

Le tarif à appliquer a été établi par le guvernement, par décret; Les arrêtés sont dictés par le préfet de chaque département. Ainsi un décret du 06 janvier 1899 prévoit qu'il sera perçu:

  1. 0,10F pour un vélocipède à deux roues
  2. 0,15F pour un vélocipède à plus de deux roues
  3. 0,15F pour un vélocipède de plus de deux roues muni d'une machine motrice
  4. 0,25F pour une voiture légère
  5. 0,50F pour une voiture automobile à deux places

     

1940 : ANNEE FATIDIQUE

Comme tous les autres ponts situés sur le Cher, le pont de Montrichard n'a pas échappé à la règle. En juin 1940, une des arches a été dynamitée sans ébranler le reste de la structure

Le Pont hier ....

Le pont aujourd'hui

UN PONT PARTICULIER

Embèmatique de la touraine, sur le cours du Cher, se dresse un des plus beaux châteaux dit "de la Loire", C'est CHENONCEAU. Bâti sur les fondations d'un ancien moulin, il enjambe toute la rivière. Toute la construction est axée sur un pont à cinq arches. L'ouvrage d'art est couvert d'une galerie à deux étages de 60 mètres de long qui en fait toute la singularité et le charme.

Photo Roger-Bernard Bouyrie